Vautour à Dos Blanc africain (Gyps africanus) équipé d’un GPS de VCF au CRV Jbel Moussa

Un vautour à dos blanc africain (Gyps africanus), âgé de deux ans (année calendaire) et suivi dans le cadre du programme scientifique mené par le Centre de Réhabilitation des Vautours (CRV Jbel Moussa), a tenté de traverser le détroit de Gibraltar le 4 mai 2026. Équipé d’une balise GPS fournie par la Vulture Conservation Foundation (VCF), l’oiseau a mal évalué son altitude de départ depuis Jbel Moussa avant d’être contraint de chuter en mer près de Punta Carnero, à Algeciras, où il s’est malheureusement noyé.

Dès la perte du signal de vol, le CRV et le VCF ont coordonné une opération de suivi et de recherche avec leurs partenaires en Espagne et à Gibraltar. Toutefois, les forts vents d’ouest, associés aux puissants courants marins du détroit, rendaient impossible toute prévision précise de la dérive du corps. Emporté vers la Méditerranée, le vautour a dérivé au large d’Al Hoceima, puis à proximité de Melilla, avant d’être retrouvé piégé dans des algues marines près de Cap de l’Eau, à proximité de Nador, soit à plus de 400 kilomètres de son point de départ à Jbel Moussa. Grâce aux efforts coordonnés de la Direction Régionale de Rif, la Direction Régionale de l’Oriental et de la Direction Provinciale de Nador de l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF),en collaboration avec la province de Nador et la Protection civile, des moyens logistiques ont pu être mobilisés afin de récupérer le cadavre du vautour.

Crédit photo : Protection Civile de Nador

Crédit photo : DPANEF Nador

Ce cas illustre l’un des nombreux incidents documentés au niveau du détroit de Gibraltar, considéré comme un véritable piège écologique pour les jeunes vautours africains inexpérimentés tentant de franchir de vastes étendues marines. Contrairement aux grands planeurs européens habitués aux courants thermiques locaux, les jeunes vautours africains maîtrisent encore difficilement les conditions aérologiques complexes du détroit. Ces dernières années dans le cadre de suivi scientifique, plusieurs cadavres de vautours ont ainsi été retrouvés sur les côtes de l’Espagne, de Gibraltar, du Maroc et même de l’ouest de l’Algérie.

 

Le suivi scientifique mené par le CRV Jbel Moussa et ses partenaires a permis de mettre en évidence une problématique écologique majeure touchant le vautour à dos blanc africain ainsi que le Vautour de Rüppell, deux espèces classées en danger critique d’extinction sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Originaires principalement d’Afrique de l’Ouest et du Sahel, ces vautours s’aventurent de plus en plus loin de leur aire de répartition habituelle, probablement sous l’effet des changements environnementaux, de la pression humaine et des modifications des ressources alimentaires. Chaque année, plusieurs milliers de Vautour fauve hivernent dans la région sahélienne, suivis lors de leur migration de retour vers le nord par de jeunes vautours africains, souvent inexpérimentés face aux dangers liés à la traversée du détroit.

Les données GPS collectées dans le cadre de ce programme scientifique apportent aujourd’hui des informations essentielles sur les déplacements transcontinentaux des vautours africains, leurs routes migratoires et les risques auxquels ils sont confrontés. Ces travaux contribuent à renforcer les stratégies de conservation internationales en faveur de ces espèces parmi les plus menacées du continent africain.

Dérive en Méditerranée du corps de Vautour à dos blanc africain (Gyps africanus)

 

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